#Interview génération Y

25 ans, l’âge de la crise existentielle. Des jeunes remplis d’ambition, de vivacité, d’envie et de conviction, remettent leurs choix en question. Une véritable crise existentielle les traverse. Recherchant leur place dans le monde car conscients que leur vie leur appartient, ces jeunes de la génération Y ne veulent plus suivre les codes préétablis du bonheur, dictés par de vieux idéaux.

Manon A.

Le culot des bébés 80’s

Portrait de la génération Y, celle qui ose renoncer. Elle est appelée: Digital-native ou encore millennials. Ces jeunes sont nés entre les années 80 et 2000. C’est la première génération à être née avec le monde de l’Internet.

A la recherche d’une bonne qualité de vie, quitte à changer de villes, de régions et de pays, ils souhaitent aussi se réaliser en introduisant de la grandeur dans leur profession et du bien-être dans leur travail.

Tout plaquer pour se retrouver.

L’envie de se réaliser est si forte qu’elle en devient intenable. Manon Aunay. est l’une de ces jeunes. Elle a osé tout lâcher pour partir à la conquête de ce qu’elle voulait être.

Elle se lance, à corps perdus, dans ces études de Commerce, juste après son Bac. Elle termine ses 5 ans d’école. Toujours bonne élève puis étudiante studieuse, dans le rang, elle suit le chemin idéal pourtant elle ne se sent plus à sa place. Traversée par le doute, ce qu’elle a choisi ne lui convient plus. Des chiffres, des analyses, des grands groupes, de la Finance et l’intérêt a disparu. Elle veut creuser sa personnalité, ses valeurs, celle qu’elle est profondément.

Manon, l’une parmi des milliers. Le processus de changement devient un véritable questionnement de soi et de ses aspirations. Une période de tristesse intense traverse ces jeunes, perdus face aux doutes qui les tenaillent.

« Bosser pour Chanel ou L’Oréal me paraissait être la réussite absolue pourtant je n’étais pas heureuse. Je me suis sentie ridicule à présenter des chiffres qui n’avaient aucun sens, aucune valeur à mes yeux. Quel intérêt pour le monde ? » – Manon A.

Aujourd’hui coach, à son compte, elle ne regrette pas son choix. Elle guide, à son tour, les jeunes qui veulent suivre leurs envies. 

Le courage d’une génération

Renoncer est l’une des choses les plus complexes pour ces jeunes étudiants. Il y a la solitude inhérente aux décisions à prendre, l’incompréhension de l’entourage et la culpabilité qui envahissent les esprits. Quand la plupart des études sont financées par les parents, il est difficile de tout lâcher. Renoncer devient un parcours du combattant car la peur de l’échec les paralyse avec cette furieuse sensation que tout ce qu’ils ont fait n’a servi à rien, que tout est perdu. 

Claquer la porte est lourd de conséquences. Dire adieu à un CDI, au statut professionnel, à un salaire régulier et à la sécurité n’est pas chose aisée. Certains n’imaginent même pas que d’autres voies sont possibles. Les métiers de demain n’existent pas encore.

Dans le coaching personnel, Manon assure que tout ce qu’elle a appris, dans la vie, lui a servi, y compris le commerce.

« Si les jeunes ne font pas une crise existentielle à 25 ans, ils la feront à 30 ou 40 ans car la société dans laquelle on a grandi ne nous laisse pas la possibilité de nous connaître. On est projetés sans pouvoir se retourner et un jour, ça craque. On nous a demandés de choisir des voies sans nous demander de creuser ce que nous étions. Or, quand on est bien quelque part, je suis persuadée que l’on réussit » – Manon A.

Un vieux modèle qui se priverait de talents

L’une des plus grandes frustrations des diplômés, lorsqu’ils trouvent leur premier emploi est le manque de confiance des employeurs, en leur capacités professionnelles, personnelles, nombreuses et souvent pluridisciplinaires étant donné la multiplicité des diplômes acquis. 

A la limite du reproche, le plus souvent entendu au travers de dîners, si l’on tend l’oreille, curieusement, ou même au détour d’un bar, les diplômés sont frustrés de n’utiliser que 1/10 ème de leurs capacités durant leurs premières années professionnelles. 

Ils se plaignent, quasiment tous, d’être embauchés pour faire des tâches basiques, subalternes parfois, celles que n’importe qui pourrait faire alors qu’ils sont capables de plus. Ce serait une jeunesse pleine d’envie, avec une véritable capacité de travail, de l’énergie et une vision. 

Et cette question qui les taraude: « Si moi je fais quelque chose de si basique, celui qui est juste en dessous de moi, que fait t-il ? ».

« Et si l’on permettait à chacun d’être à la bonne place ? Les anciens ont du gravir les échelons, certains d’entre eux n’étaient pas diplômés et se sont faits seuls, à la force du poignet sans pour autant se poser les mêmes questionnements. Pragmatisme ou docilité? C’est admirable. Nous, n’avons pas plus de mérite mais notre génération est multi-tâches. Nous sommes bercés par le digital, l’Internet, l’ouverture sur le monde. Nous savons faire milles choses. »- Manon A.

Un bonheur à portée de main

La recherche du bonheur est la réponse à cette crise existentielle des 25 ans. Se retrouver pour mieux avancer. Les enfants des années 80 et 2000 sont en quête de valeurs dans leurs parcours professionnels. Ils seraient loin d’être des enfants gâtés ou capricieux à la recherche de gratifications immédiates et d’utopie économique et sociale comme il est écrit, quelques fois.

Combien de médecins, d’avocats, d’agents immobiliers, de financiers, de banquiers, de notables, seulement « parce que cela fait bien » ? De nombreux jeunes, explorent plusieurs voies. Explorer et se remettre en question, une normalité dans les universités, aujourd’hui. Et si le rêve c’était d’ouvrir un bar ou d’être photographe, suivre ses passions en trouvant sa voie, sans être pris pour un farfelu ?

La génération Y, apprend à se connaitre, veut que ses croyances les plus profondes soient présentes dans son travail. Recentrer l’humain est au cœur de ses préoccupations, être en accord avec son éducation et, par dessus tout, avoir un intérêt pour le monde. Ces jeunes ne se résigneraient donc pas à un monde préfabriqué et rechercheraient leur destinée.

 

Claire Madi

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