#MOOD Venise : Vieille beauté

Je suis retournée à Venise, après de longues années et cette ville m’a inspiré ce texte. Je vous laisse découvrir.

« Voir Venise et mourir », me dit-on. Il me faut te retrouver, que je te revois car mes souvenirs deviennent flous et trop lointains. Dans un élan, je saute dans l’avion.

Pas une ville n’est ton égale, portant ton charme à fleur de peau et à fleur d’eau avec tes canaux mythiques. Cette ville, presque engloutie par la mer, cette eau qui s’infiltre dans le plus petit recoin, tu enchantes. Je ne me lasse pas de tes ruelles, de tes ponts, de ton aura, de ta beauté et de ton allure sensuelle. Tes sublimes petits palais, le long de la rive que j’observe, de ma gondole, témoignent de ton passé prestigieux. Bercée par les vagues et mon gondolier qui chante à tue-tête, je croise un flot de touristes. Tu en as de la chance, le monde te rends visite.

Venise, tu fais ton cinéma…

Me voici sur le mythique « Rialto ». Je profite de cet horizon que tu m’offres, entre terre et mer, entre passé et présent. Des marchands de roses, des amoureux et des curieux, tous agglutinés.
Perchée sur le rebord de ton pont, j’aperçois de belles pizzerias, en bas, décorées de fleurs rouges et roses. Des gens en terrasse qui profitent des vacances et de quelques instants, sous le soleil brûlant d’Italie. Je vois les pizzas, le coulis de tomates et ces morceaux de mozarella ou de burrata, les vestiges des mamas.

Je m’éloigne…J’aperçois des visages heureux et tristes, grotesques mais charmants « La commedia dell’arte ». Venise, tu fais ton cinéma ! De jolis masques peints à la main, soi-disant. Je vais y croire. Je ne lirai pas l’inscription pour y voir marqué « Made in China », je te le promets.

J’entre dans cette boutique typique, pas un truc à touristes. Tu me séduis. Je m’amuse à essayer ces visages figés. Puis, arrivent de plus beaux masques, des extravagances, des plumes, des paillettes et des feuilles d’or. Tu me connais déjà. Masque sur le visage, j’ai l’impression d’être cachée, d’être quelqu’un d’autre. Derrière cet artifice, on se sent protégé et on peut se réinventer. C’est ce que faisaient les comédiens, ceux qui jouaient Arlequin ou Scapin. Le premier, gamin, sot, niais, malicieux et le second, intrigant, fourbe, menteur, malin, ces diables de rue devaient bien s’amuser à Venezia. Tu me charmes.

Invitation au Danieli…

Le soir venu, je ferai un dernier petit tour. Je suis devant le Danieli, mythique, bon nombre de films t’ont utilisé comme décor. Je ne suis pas cliente mais je traverse le hall, d’un air assuré mais les jambes tremblantes. Je suis une touriste, je n’éveille pas les soupçons. Je traverse, l’air de rien, direction les ascenseurs pour monter dans mon hypothétique chambre. Deux touristes allemands nous demandent à quel étage nous allons. « 4ème et vous ? » Il fallait bien en choisir un. Je ris si fort que je ne réussis pas à faire de photos. On racontera que nous sommes allées au Danieli.

Sur la rive, au coucher du soleil, un ciel bleu orangé et je distingue les ombres de la ville, des reflets cassés, dans l’eau par les bateaux qui traversent. Tu es magique. Ma précieuse, mon amoureuse. Ne t’écroule pas, je reviendrai vite.

 

Ciao bella.

 

Claire Madi.

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